Je me trouve avec ceux-ci quand “ils“ c'est un terme récemment fondé. F il l'a organisé parce qu'il veut me présenter à P qui l'évalue comme il est précis et nécessaire, et c'est un signe dont elle et moi lui importons le suffisant comme pour nous mélanger. Sentez-vous joints, un à côté de l'autre, en face de moi, et nous conversons lentement sur une littérature et zombis, vifs et morts, tandis que circulent les boissons, tandis que le sommeil nous enseñorea, un mélange du froid, de l'alcool et du chauffage à une limite. F et P de temps en temps ils se frôlent imperceptiblement, les cuisses, les mains, et après on demande mutuellement pardon avec un regard brevísima, avec l'insécurité de celui qui le peut tout en privé et il n'ose pas le répéter en public parce que ce frottement minimal a réveillé l'angoisse récemment vaincue, la soif de vouloir tout, tout tout le temps, sur cette table si c'est précis, l'angoisse du principe, il convoite cela. Je fais comme si de rien n'était aussi. Je souris que je peux, que l'étiquette me permet, parce que je ne veux pas qu'ils mal interprètent ma fascination permanente avec cette sensualité qu'ils émanent qui ni découvrent ce mon jeu de deviner ses rites. Quoi est-ce qu'inoffensives les mots doivent leur apparaître qu'inertes comparées aux images qu'ils accumulaient ensemble dans son historique récent à un coup de rencontre et de météorite.
Anne m'appelle pour nous voir et tandis que la réunion est dissoute pour soi seule, je sors à la place depuis peu aplanie par le ciment. Le petit parc qui l'occupait n'apparaissait pas à L'autorité suffisamment aseptique. Par téléphone la voix d'Anne rentre contradictoire, mélange des tons fonctionnels et sévères, de douceur andalouse et italienne. Il me donne un lieu et une heure, et quand je pends je prends congé de P et F qui sont déjà sortis du bar et marchent à continuer de prendre. J'arrive au restaurant dans lequel il m'a cité et je m'étaie dans une extrémité de la barre. Des groupes de modernes et birlibirloques ils se concentrent autour de quelques pointes servies dans des plats d'ardoise. Cela dit, tout est bois et tout est fumée. Anne ne tarde pas, elle vient de sa classe de flamenco, et tout de suite nous remettons le bavardage protocolaire sur les rails sur ici et maintenant. Il y a longtemps nous ne nous voyons pas, Santi, il a passé beaucoup d'eau sous le pont. On à elle fait peur parce qu'à son âge on voit simultanément sur le marché de l'amour et du travail. Le temps et le marché. Et être ainsi n'entrait pas, bien sûr, dans ses plans. La conversation s'écoule exposée au soleil bien qu'il s'assombrisse à des intervalles. Anne ne peut pas éviter de sortir à flot la rouille, ses bateaux vieux et rouillés. Je cite Anne Karenina pour la réaffirmer. L'un peut être heureux sans être égal à toutes ces familles, je lui dis, mais je ne viens pas d'assembler très bien l'analogie et son anxiété et sa ferraille reste pendante sur le marbre. Dans le fond les risques d'être différent lui sont trop insupportables.
Il parle tu, le garçon qui aujourd'hui parle seulement je.
Ne te préoccupe pas. Je parlerai déjà. Il suit.
Sûrement la convention sociale dicte que le jeu de cette nuit consiste à nous évaluer mutuellement. Comme une possibilité. Comme une option. Comme quiénsabe. Mais je préfère l'admirer tandis qu'il compte comment il a appris de lire les mesdames de son village. Tout ce temps a placé un masque de plis. Il semble avoir rétréci. Son corps est beaucoup moins pléthorique qu'avant. Mais pour moi elle continue d'être la fille qui m'a embrassé cette nuit, plus de dix ans derrière, dans le coin d'une fête, dans la terrasse d'un attique, tandis que nous regardions ébahis les lumières projetées depuis Montjuich sur le ciel orangé de Barcelone.
Anne part à dormir parce qu'elle est une bonne fille des habituelles. Il s'esquive dans un taxi et part ululando fait une ronde en bas. Il est encore précoce. J'appelle Sánchez, mais il ne répond pas. Je sonne à A et PT, qui vivent près. Ils me disent qu'ils préfèrent se promener, me montrer le nouveau parc que la mégalomanie a construit le long de la rivière, son granit reluisant, ses matojos effilochés, ses arbres maigres comme pantins de fil de fer. Je pourrai encore sauver, modestement, la nuit. Je les atteins vers une. La rumeur rurale du courant est l'unique qui s'écoute parler dans cette étendue désertique à présenter pour la première fois. La rivière est en réalité un reguerillo, qui arrive à Madrid comme si quelqu'un aurait rincé la scie comme les concierges rincent les trottoirs. Nous conversons établis dans le parapet du pont. À et PT sont embrassés. Ils sont partagés depuis déjà assez. Ils s'embrassent avec une nervosité mesurée, avec la nervosité de celui qui croit que tout sortira bien pour un instant pour après le voir irrémédiablement perdu et de là tourné à l'optimisme. La Crise les baise. Beaucoup. Et ce fil de fatalité les fait taire. Nous parlons de comment il est de vivre à l'étranger, des occasions, de la solitude, de la nostalgie, tandis que la fraîcheur nocturne nous couvre et nous gelons trop comment pour nous reconnaître à nous mêmes. Quel froid: hein ? Elle s'écarte. Résigné, il la laisse se débrouiller. Nous prenons congé. Je mets les mains dans les poches du manteau et enfilo mes pas au retour au foyer de prêt. Il n'y a pas d'étoiles sur moi, comme il devait, seulement un chemin ici. Il arrive obscur. Le rythme insistant de mes pas me séquestre et me fait se regarder de dehors. Et voilà que je vois que la discontinuité s'est prescrite, que la singularité a fini. La solitude est rentrée. Tout est revenu où il était.
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